Penser l’usage, penser l’humain

Les enjeux sociétaux actuels sont complexes et intriqués : réflexions sur l’activité humaine et ses effets à plus ou moins longs termes, aspirations à un développement permanent dans une quête de “mieux”, volonté de changement en profondeur tout en s’enracinant dans des valeurs indéfectibles. Sur quoi alors s’appuyer dans la réalisation d’un projet d’architecture ou d’urbanisme ? Dans quel(s) précepte(s) trouver la force d’ancrer une idée, une proposition ?

Les usagers, les habitants, les occupants, les utilisateurs, constituent les destinataires des projets architecturaux, urbains, que l’échelle soit territoriale ou locale. On construit pour leurs usages. La question de ces usages doit être mis au coeur du processus de conception.

Penser l’usage c’est penser l’humain qu’il y a derrière. C’est aussi penser aux impacts de ces usages sur d’autres usages et sur lui même. L’articulation se noue dans les principes du développement dit “durable” (on “soutenable”) : répondre à un besoin et  faire que cette réponse puisse perdurer dans le temps ou n’entrave pas la possibilité d’autres formes de réponses, peut être pour d’autres besoins.

Pour qu’une réponse urbaine et architecturale fonctionne, elle doit “parler” profondément.

Dans un premier temps c’est répondre pragmatiquement à un besoin exprimé par l’usager, besoin massifié ou individualisé, et dont il a pleine conscience. Mais c’est aussi surprendre en répondant à des évidences qui ne sont pas nécessairement perçus ou exprimés, des besoins inconscients. Enfin, le besoin peut aussi se trouver dans des dimensions moins populaires, parfois portées par des constats scientifiques avec une notion d’intérêt commun qu’il convient de faire accepter par tous.

On touche donc là à plusieurs composantes sociales du processus de conception du projet :

– Prendre en compte une demande, un besoin, recueillir des attentes pour proposer ensuite une réponse adéquate ;

– Réinterroger les modèles et les idées préconçues pour arriver à créer des réponses adaptées au-delà des attentes exprimées ;

– Expliquer, accompagner les usagers dans la compréhension et l’appropriation de dispositifs développés dans cet optique d’intérêt commun mais qui n’est pas nécessairement intégré par tous dès le départ.

Articuler ces composantes semble indispensable à la fabrique de projets durables, durables car évoluant avec les intérêts des usagers.

Alors au travail.